Pratiques amateurs, grand public, professionnelles… quelles influences et interactions ?
Mercredi 18 mai
Amphithéâtre Cauchy
Pratiques amateurs, grand public, professionnelles… quelles influences et interactions ? (9h30-18h30)
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Aujourd’hui, les géomaticiens doivent justifier leurs projets qui sont comparés à ce que l’on trouve sur Google Maps. Il ne s’agit pas de décrier les pratiques grand public et de les opposer au petit monde des géomaticiens mais bien de vivre avec, de gérer les complémentarités. Inversement, les professionnels s’intéressent de près aux pratiques amateurs et tentent d’intégrer le « crowdsourcing ». Comment tirer le meilleur parti des deux mondes ? Comment les pratiques amateurs « bousculent » les pratiques professionnelles pour le meilleur et pour le pire ? Retours d’expériences et débats alimenteront une réflexion qui est loin d’être achevée.
Animateur : Thierry Rousselin, GEO212
9h30 – 10h00 : Géomatique grand public et science citoyenne : quand les amateurs se transforment en capteurs par Boris Mericskay, Centre de recherche en géomatique, Université Laval
Résumé : La convergence des SIG avec les TIC (Internet, téléphonie mobile) et les systèmes de géolocalisation (GPS) a modifié à la fois l’accessibilité comme les usages des SIG en offrant la possibilité au grand public d’interagir de manière croissante avec les cartes et les données. Parallèlement, le Web 2.0 a donné naissance à une culture de la contribution qui se caractérise par la montée en puissance des amateurs. Au-delà d’un artefact marketing, la cartographie du Web 2.0 est en passe de transformer assez radicalement les approches de la cartographie et plus spécifiquement celles de cartographie participative. Cette communication explore le concept de science citoyenne, terme utilisé pour décrire l’engagement des citoyens dans le processus de collecte de données scientifiques. Plus spécifiquement, elle s’attache à décrire le développement d’une science géographique citoyenne, basée sur les contributions localisées des individus. Afin de démontrer les potentialités de la cartographie 2.0 pour ce type d’initiatives, nous reviendrons sur une série de projets récents s’appuyant sur le concept de « citoyens capteurs » pour alimenter la connaissance collective (observations de la faune et de la flore, relevés de pollutions atmosphérique et sonore, aménagement participatif, gestion de crise, etc.). Puis nous discuterons des enjeux, des perspectives et des limites de ces outils et pratiques pour le développement d’une science géographique citoyenne. (Conférence tout public)
10h00 – 10h30 : Écosystème du SIG libre : interactions dans un monde ouvert par Vincent Picavet, Oslandia
Résumé : La démocratisation des SIG vers des usages grands publics a bouleversé les méthodes de collaboration établies. De même, le rôle grandissant des logiciels libres dans ce domaine change les rapports entre les différents acteurs.Cette présentation fait un tour d’horizon de l’écosystème des SIG, en mettant l’accent sur les pratiques liées aux logiciels libres.Dans cet écosystème, les collaborations entre les individus, les associations, le secteur public et le secteur privés sont modelées pour que chacun puisse trouver son rôle dans un but d’amélioration constante des solutions.Les individus sont acteurs en tant que contributeurs directs, et partie des autres entités. Les associations pour coordonner les actions des individus tout en garantissant une indépendance. Le secteur public comme moteur de développement, tant au niveau financier que politique, et le secteur privé pour assurer le fonctionnement de l’écosystème dans un contexte économique plus large.À partir de ces différents acteurs, on présentera ensuite les modèles économiques liés et les flux associés : les SSLL vivent du logiciel libre avec le secteur privé et public. Des mécanismes permettent à ce dernier d’effectuer un retour sur investissement, notamment en mutualisant les développements. Les individus trouvent également leur place dans cette économie.
Ces relations évoluent, et on tentera finalement de dégager les tendances actuelles et futures. (Conférence tout public)
10h30-11h30 : Pause
11h30-11h50 : Les dessous d’OpenStreetMap, confrontation des points de vue experts et amateurs par René-Luc D’Hont, 3Liz
Résumé : OpenStreetMap est un projet collaboratif de création d’une carte mondiale. Sa création est née d’un malentendu entre Steve Coast et l’Ordonance Survey. Depuis OpenStreetMap est devenu le projet cartographique collaboratif leader. Lors du séisme en Haïti, OpenStreetMap a servi d’interface d’échange entres les différents acteurs de l’aide. Mais OpenStreetMap n’est pas forcément un projet facile d’accès, il n’en reste pas moins un projet qui attire de plus en plus d’amateurs (randonneurs, citoyens) et de géomaticiens (services SIG, MapQuest).
Lors de cette intervention, une rapide introduction au projet sera réalisée, l’exemple d’Haïti servira à présenter les collaborations nécessaires entre amateurs et géomaticiens au sein du projet. Une présentation des modes de description de l’information géographique permettra d’appréhender la complexité du projet. Enfin quelques exemples d’exploitation de ces données monteront les possibilités qu’offrent OpenStreetMap à la géomatique. (Conférence orientée décideurs et techniciens)
11h50-12h10 : Cartographie collaborative des carrières souterraines par Jean-François Gigand, CNRS
Résumé : Dans le cadre d’une communauté d’explorateurs, la cartographie des réseaux souterrains accessibles croise de multiples enjeux : l’incertitude et la fiabilité des données dans un milieu caché, la mise-à-jour collaborative des cartes à partir des explorations sur le terrain, la classification peu évidente des objets cartographiques…
Ce projet illustre les opportunités issues du mouvement du Libre pour le développement de fonctionnalités ambitieuses : on montrera comment OpenStreetMap a servi d’inspiration pour la carte collaborative détaillée des espaces souterrains, comment l’utilisateur géoréférence en ligne des anciens plans souterrains et les visualise en superposition des plans de rue, et comment la technologie StreetView a permis de construire des visites virtuelles 3D des souterrains.
On montrera en outre comment la technologie derrière Wikipedia a été réutilisée pour constituer une encyclopédie des souterrains synchronisée avec les données de la carte, et comment ces deux supports (carte et wiki) se complètent et s’intègrent l’un dans l’autre. (Conférence orientée décideurs et techniciens)
12h10-12h30 : Un cas pratique de cartographie collaborative via OpenStreetMap : la métropole lilloise en vélo par Philippe Pary de Cleo Carto et Sébastien Torro-Tokodi, Association Droit au Vélo (ADAV)
Résumé : OpenStreetMap offre un support pour l’élaboration collaborative de cartes. L’association lilloise droit au vélo, accompagnée par la société Cléo Cartographie, a lancé un projet de constitution d’une base de données des informations vélos de l’agglomération lilloise : pistes et bandes cyclables, arceaux, zones 30, points d’eau, garages etc.
Le projet comporte plusieurs facettes : la compréhension par les salariés et le conseil d’administration d’OpenStreetMap et du travail collaboratif, la formation des bénévoles, la mise en place d’outils d’organisation de la collecte de données et les développements techniques nécessaires.
La présentation s’attardera particulièrement sur les éléments d’organisation du projet et la manière dont les bénévoles s’en emparent mais présentera également les outils mis en place (développement d’un rendu spécifique, système de suivi de la collecte …) (Conférence tout public)
12h30-14h : Pause / Déjeuner
14h-15h : Rencontre avec Ed Parsons, Google
15h-15h20 : L’édition collaborative de données géographiques utilisables : de nombreux défis relevés par les chercheurs par Bénédicte Bucher, laboratoire COGIT, IGN
Résumé : Le principal défi technique posé par l’édition collaborative de données géographiques en ligne est la gestion de la qualité de ce contenu : favoriser la production d’un contenu utilisable.A cet égard, les chercheurs tentent essentiellement de reprendre les méthodes de gestion de la qualité dans les contenus collaboratifs et de les appliquer au cas de données localisées tels que la gestion des profils de contributeurs, de la confiance des utilisateurs, ou encore la communication de la qualité aux utilisateurs. Dans le domaine des wikis de façon générale, l’édition collaborative d’un contenu cohérent pose également des questions de gestion des conflits entre différentes versions de contenu et de fusion d’éditions effectuées parfois sur des versions différentes. Les chercheurs se concentrent sur l’identification des relations de dépendance ou d’indépendance entre des éditions (par exemple, quand deux personnes éditent deux paragraphes différents dans un article de wikipedia, on considère que ces éditions sont indépendantes). Dans le cas de données géographiques, cela revient à permettre à des éditeurs de travailler ensemble sur une même zone alors que les relations de dépendance entre les objets de cette zone peuvent être nombreuses et qu’elles sont rarement toutes explicitées dans les données mêmes. Cela rejoint les nombreux travaux conduits sur les problématiques de fusion et de représentation multiple. Ici, une difficulté est de gérer des relations et des contraintes d’intégrité entre des données issues de plusieurs points de vue et correspondant éventuellement à différents niveaux de détail.
Il est également pertinent de s’inspirer des méthodes de gestion de la qualité chez les producteurs institutionnels en identifiant les problèmes posés par leur extrapolation au contexte de l’édition collaborative. Globalement ces méthodes s’appuient sur les « spécifications d’acquisition » qui décrivent sans ambiguïté comment représenter un espace géographique dans un produit numérique. Il est complexe de définir des spécifications consensuelles et non ambiguës pour des éditeurs ayant parfois des points de vue variés, et de gérer les évolutions de ces spécifications. (Conférence orientée décideurs et techniciens)
15h20-15h40 : SAPO : Un Système d’Alerte Prévisionnelle sur l’Obsolescence d’une infrastructure de données spatiales sur l’Afrique par Karine Guérin, Géo212
Résumé : Les variables impliquées dans la détermination de l’obsolescence d’une infrastructure de données spatiale (IDS) et de ses cartographies dérivées ont beaucoup évolué dans les 10 dernières années. Les motifs classiques d’obsolescence étaient liés principalement à l’évolution du paysage et des objets qu’il contient ou à l’arrivée à maturité de nouveaux outils (sources d’informations, techniques de production, …). Les produits étant réalisés « dans les règles de l’art » par des professionnels reconnus appartenant à des organismes officiellement mandatés pour les réaliser, le consensus était aisé sur les critères de détermination d’une règle d’obsolescence entrainant un besoin de mise à jour ou de refonte des produits. Aujourd’hui, ces critères classiques s’appliquent toujours mais se sont accélérés, en particulier dans les pays en voie de développement, avec des rythmes de croissance des infrastructures et des villes inconnus en Europe. De même le rythme d’apparition de nouvelles sources et techniques s’est également accru rendant difficile le lien traditionnel d’équivalence entre une génération d’outils et de méthodes et une génération de produits.Mais pour les détenteurs d’infrastructures spatiales de données de nouvelles « menaces » apparaissent. L’évolutivité croissante des besoins opérationnels rend difficile la conception de gammes de produits et services déterminés une fois pour toutes dans une vision hiérarchique descendante. De plus, l’irruption de nouveaux acteurs (tant dans la sphère commerciale que dans les projets collaboratifs ou citoyens) est à la fois une chance et une menace. Comment légitimer la construction (souvent lente et couteuse) d’une IDS alors que Google propose des rafraichissements de ses couvertures images à un rythme 3 fois supérieur et qu’Open Street Maps met en ligne le réseau routier d’une capitale africaine avant même que vous ayez terminé votre étude de définition. Même si l’on peut trouver des arguments tangibles pour défendre l’IDS, celle-ci est mieux protégée si les indices d’obsolescence sont identifiés par le détenteur lui-même.Nous présenterons le Système d’Alerte Prévisionnelle sur l’Obsolescence d’une IDS en Afrique conçu par les auteurs pour répondre aux besoins d’organismes comme les ministères de la défense ou les opérateurs pétroliers ou miniers. Il est basé sur des veilles sur l’évolution du besoin opérationnel, l’actualité des objets au sol, les sources et produits disponibles pour aider à produire ou mettre à jour les données, les sources et produits concurrents créant des conditions d’accélération de l’obsolescence. Ces veilles, qui s’appuient en partie sur le crowdsourcing, créent des alertes qui mettent certaines zones d’intérêt sous surveillance.Une cartographie dynamique des risques (restituée à l’échelle du degré carré) alimente un tableau de bord des risques d’obsolescences (de tous types) et déclenche des analyses plus fouillées associant géographes, spécialistes du renseignement, spécialistes des produits ou services concernés.
Le décideur dispose des priorités possibles de traitement des obsolescences (Conférence orientée décideurs et techniciens)
15h40 – 16h : Le point de vue du juriste par Benjamin Jean et questions réponses avec l’ensemble des intervenants
Présentation : Juriste spécialisé en propriété intellectuelle, Benjamin Jean travaille essentiellement autour des nouveaux usages et collaborations qui se développent autour de la création et de l’innovation. Il a notamment travaillé sur leur prise en compte au sein des gouvernances de multiples acteurs privés et publics, de tailles et de domaines variés, et formé de nombreuses équipes internes.
Actif depuis près de dix ans dans ce domaine, il enseigne la propriété intellectuelle au sein de plusieurs Masters spécialisés, travaille comme consultant au cabinet Gilles Vercken et termine une thèse sur les systèmes collaboratifs. Il a aussi animé de nombreux groupes de travail en rapport avec les problématiques juridiques de l’Open Source (FniLL, Syntec Informatique, etc.) et de l’Open Data. Enfin, il a créé et dirigé le Centre Juridique Open Source au sein de la société LINAGORA – société qu’il a quittée en 2011. Il est également cofondateur de Veni Vidi Libri, association qui vise à informer vulgariser et promouvoir l’usage des licences libres et open source, et administrateur de multiples autres structures du secteur (Framasoft, SARD, Libre Accès, IES, etc.). Il coorganise depuis 2008 la rencontre annuelle EOLE (Open source Law Event) et travaille sur le cycle de conférences attaché. (Conférence tout public)
16h00-16h30 : Pause
16h30 – 17h : L’internet hyperlocal et social, la base d’un nouveau rapport au territoire par Arnaud Rayrole, USEO
Résumé : Si l’internet mobile est en forte progression depuis plusieurs années, il a toujours été traité comme un support de consultation supplémentaire. Désormais, la conjugaison de la géolocalisation intégrée dans les smartphones et des médias sociaux est à l’origine de nouveaux usages et notamment de nouvelles perspectives dans la relation que l’on a avec son territoire et ses occupants. Non seulement, le mobinaute accède à un contenu contextualisé en fonction de sa position, mais il peut déposer ses propres contenus (photos, messages, avis, etc.) attachés à des lieux dans lequel ils se trouvent. Il devient possible de partager des informations ou des ressentis sur un lieu entre usagers de ces mêmes lieux. La géographie et les liens sociaux structurent et organisent l’information numérique du territoire. De nouvelles interactions et mises en relation se créent par ce biais. Un contexte qui impacte les acteurs institutionnels du territoire (collectivités, office du tourisme, organisateur d’événements culturels), les associations et les acteurs économiques.
A travers études et exemples concrets, nous montrerons en quoi ces nouveaux médias deviennent des outils incontournables pour les collectivités locales et les acteurs publics. (Conférence tout public)
17h – 18h : Table Ronde : Quand les amateurs s’invitent dans les crises majeures animée par Thierry Rousselin, Géo212
- Gael Musquet, Crisis Camp, OSGeo
- Boris Mericskay, Centre de recherche en géomatique, Université Laval
- André Husson, CNES, en charge de la Charte Internationale Espace et catastrophes majeures
- Yann Kacenelen, SDIS 91
- Benjamin Jean, juriste
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