Les territoires sous observation

Jeudi 5 avril  2012, matin et après-midi

Les sources de données et les méthodologies sont multiples quand il s’agit d’observer les territoires, d’analyser leur évolution par rapport à telle ou telle problématique. Les intervenants aborderont ces questions méthodologiques à travers des exemples concrets (occupation du sol, foncier, habitat, logement social, plan climat…), à différentes échelles.

Président de session : Xavier Dupasquier, IETI Consultants

9h30-10h : Portrait de territoires : le carroyage pour l’observation des territoires par Benoit Gourgand, Certu

Consultant-observateurLe carroyage est simple et pratique. Ces deux arguments sont sans doute les raisons par lesquelles on constate aujourd’hui un retour de son utilisation pour alimenter les diagnostics de territoire. La multiplication des données mobilisables localement explique également le besoin de trouver des méthodes de production et d’affichage d’analyses complexes.
Depuis le début de l’année 2011 l’Insee met à disposition pour la première fois des informations de population sur un carroyage. Cet élément nouveau risque d’entraîner un regain d’intérêt pour l’utilisation du carreau comme maille de référence de l’observation des territoires.
Liens vers l’ouvrage Certu : http://www.certu-catalogue.fr/traitements-geomatiques-par-carreaux-pour-l-observation-des-territoires.html


10h-10h30 : Le carroyage en action, l’exemple de l’agence d’urbanisme du Havre par Jean-François Mary, Agence d’urbanisme du Havre

Utilisateur-Retour d'expérienceL’Agence d’Urbanisme de la Région du Havre et de l’Estuaire de la Seine (AURH) a expérimenté en 2010 l’utilisation du carroyage au service de l’observatoire des Quartiers Sud, démarche pilotée par la Ville du Havre, sur un territoire d’enjeux et de projet à l’interface entre la Ville et le Port. L’objectif était, pour cet espace stratégique de 800 hectares, de réaliser un état initial « 2010 » sous la forme d’une synthèse d’indicateurs diversifiés, puis d’en suivre les évolutions annuelles. Les données proviennent de sources multiples et concernent des thèmes variés comme la démographie, l’habitat-logement, les équipements, la scolarité et l’éducation, l’activité économique, les transports en commun, les projets et secteurs stratégiques. Elles représentent des leviers sur lesquels peuvent agir les Élus pour aménager l’espace et développer les services. Pour cet observatoire, ces données élémentaires ne peuvent pas être croisées du fait de l’hétérogénéité de l’échelle de mise à disposition. La donnée adressée est précise, mais se heurte au problème de la confidentialité, l’IRIS de l’INSEE n’est pas adapté pour ce territoire (ni suffisamment précis, ni suffisamment nombreux pour présenter la variance d’information) et chaque organisme ou service utilise son découpage métier, sections cadastrales, zones d’éducation prioritaire, ou encore politique de la ville. Toutes les données ont été colligées dans des mailles carrées, par des techniques de SIG, que ce soit par agrégation d’unités plus petites ou par des estimations pondérées à partir d’unités plus vastes. Ce carroyage mesure 128 mètres de côté et a une superficie voisine de la surface médiane des anciens ilots urbains de l’INSEE pour Le Havre. L’agence d’urbanisme envisage de porter cette méthodologie, et pourrait alors l’adapter et le paramétrer, pour l’analyse spatiale, au service de l’analyse de l’appareil commercial au service de l’urbanisme commercial et pour l’analyse de réseau, à l’observatoire tramway, équipement structurant dont la mise en service est programmée fin 2012.


10h30-11h30 : Pause – Visite des stands


11h30-12h : Portrait de territoire ou analyse de zone de chalandise : convergence et divergence d’utilisation des informations géolocalisées entre le secteur public et le secteur privé
par Pascal Drapier, Infostat Marketing

Industriel-entrepriseDerrière un langage différent se cache souvent l’utilisation des mêmes informations, avec les mêmes outils. Les synergies sont loin d’être évidente. Et tout commence par ce langage différent. Certes les moyens mis en œuvre, les enjeux et les objectifs sont aussi différents entre les entreprises, d’une part, et les administrations et les collectivités locales.
L’objectif de cette présentation est une sorte de benchmarking sur l’utilisation des informations géolocalisées entre le secteur privé et le secteur public.
Nous aborderons donc d’un point de vue général et historique, puis d’un point de vue technique, quelles sont les différences réelles et les similitudes.
Cet éclairage permettra d’améliorer les passerelles et la diffusion des « meilleurs pratiques ». Y-a-t-il  vraiment une différence profonde dans l’utilisation d’information géolocalisée  pour conquérir, garder, « enchanter »  un électeur, un citoyen ou un consommateur ?


12h-12h30 : Observatoire urbain, l’exemple de la COMAGA (sous réserve)


12h30-13h : Demande de valeurs foncières (DVF) : la révolution de l’accès aux données foncière par Caroline Gerber, Adef

Utilisateur-Retour d'expérience« DVF », “Demande de valeurs foncières” est un tout nouveau service proposé par l’administration fiscale aux collectivités locales et à certains établissements publics. Enjeu : la diffusion, via une plateforme numérique, d’informations sur les ventes d’immeubles et de terrains.
Il est proposé de présenter le service, le moyen d’y accéder, les usages potentiels, les précautions à prendre dans l’utilisation du fichier et d’éventuelles démarches partenariales qui pourraient être envisagées grâce aux opportunités créées par cette nouvelle ressource de connaissance des territoires.


13h-14h : Pause Déjeuner


14h-15h : Grand Témoin : Hervé Le Bras


15h-15h30 : Constitution d’une base de données d’occupation des sols à grande échelle, à partir d’une partition « maintenue constante »
par Patricia Bordin, GéoSpective

Industriel-entrepriseLe besoin de données d’occupation des sols à grande échelle devient de plus en plus important. Des données existent, généralement conçues par traitements d’images, sur le modèle d’un découpage de l’espace en unités labellisées.
Posant le principe d’une partition donnée au départ, qualifiée ensuite en introduisant des données d’origines variées, nous avons élaboré une méthode alternative et complémentaire au traitement d’image et aux analyses par grille, en posant le principe de « la partition maintenue constante », pour faciliter le suivi des évolutions et une caractérisation multi-échelle pour une description plus riche.
Cette méthode conçue pour la constitution initiale, s’adapte facilement pour la mise à jour de données existantes. Elle permet d’effectuer facilement le suivi des évolutions et de réaliser des analyses plus fines des changements d’occupations des sols. Elle ouvre ainsi des perspectives pour une meilleure connaissance et gestion de ce qui se passe sur les territoires. Dans cette présentation nous proposons d’exposer le principe de cette méthode et les résultats obtenus dans le cadre de recherches menées en collaboration avec l’ENSG, le CERTU et la DGALN.


15h30-16h : Mise en place d’un observatoire territorial collaboratif pour la ville d’Orange par Tony Emery et Jean-Louis Zimmermann, ville d’Orange

Utilisateur-Retour d'expérienceEn juin 2011, la ville d’Orange s’est posée la question de l’utilisation de données libres pour « Observer son territoire ». En effet, l’objectif pour le service développement économique était de recenser les entreprises du territoire en collaboration avec ses partenaires. Le service a cherché en vain un outil de collecte convivial et mobile pour créer et mettre à jour une base de données économique partagée. En parallèle, il était nécessaire de valoriser et communiquer ces données au grand public.
La ville d’Orange a choisi une solution Open Source crédible qui puisse être éditable directement par les services de la mairie, être partagée avec ses partenaires et qui s’accompagne de nombreux outils intuitifs.
Depuis, l’utilisation du plugin « ArcGIS for OpenStreetMap » dans le SIG municipal a renforcé l’intérêt d’exploiter ces données. Dès lors, le savoir-faire de valorisation de cette ressource a été poussé dans la plupart des travaux cartographiques de la ville. La possibilité d’exploiter l’historique des données OSM nous a conduit à la conception d’un outil spécifique de suivi de la mutation des commerces : Lizwatch.
Nous souhaitons présenter notre démarche et notre choix d’OpenStreetMap comme source de description collaborative et d’observation partagée des territoires.


16h-17h : Pause – Visite des stands


17h-17h30 : Techniques géo-spatiales et Plans Climatiques Territoriaux par Serge Dedeystere

Consultant-observateurC’est essentiellement à l’échelle infranationale des Plans Climatiques Territoriaux, que les particularités géographiques des territoires doivent être révélées.
Nous, spécialistes des techniques géo-spatiales, nous devons de travailler en collaboration avec les spécialistes de la climatologie, de la vulnérabilité et les experts en atténuation pour fournir aux groupes de travails et aux décideurs une information cartographiée, pertinente.
La présentation propose d’exposer certains aspects théoriques et pratiques de la mise en œuvre des SIG ou des traitements d’images, notamment :
-        La question des données climatiques : nature, contenu, origines, sources, traitements, représentation, fiabilité/incertitude,
-        Les études de vulnérabilité menées au niveau local.
-        La spatialisation de la demande et des ressources en énergie.


17h30-18h : Mesurer la ville à l’échelle européenne par Hélène Mathian, Laboratoire Géographie-Cités

Chercheur-universitaireLa détection des limites spatiales des villes est de plus en plus complexe, en particulier dans ce continent densément urbanisé qu’est l’Europe. Si les formes plus étendues dessinées par la mobilité quotidienne sont souvent préférées par les chercheurs aujourd’hui (aires fonctionnelles, régions métropolitaines, bassins de travail…), les cœurs densément urbanisés que constituent les agglomérations morphologiques restent fondamentaux. D’une part, ils concentrent encore la grande majorité des emplois, d’autre part, les bases de données sur les agglomérations constituent des observatoires pour l’ensemble de la hiérarchie urbaine alors que les bases de données sur les aires fonctionnelles ne s’intéressent qu’aux plus grandes villes.
La délimitation des agglomérations morphologiques peut être produite de manière quasi automatique grâce aux technologies récentes (images satellitales, S.I.G., capacité des ordinateurs à traiter de grandes masses de données). Les bases assurent ainsi nouvelle finesse d’observation, une couverture exhaustive des espaces ainsi qu’une grande qualité de traçabilité assurant leur quasi-reproductibilité. Elles permettent aussi de s’abstraire des délimitations administratives, ce qui contrebalance une certaine pauvreté sémantique liée à une expertise humaine relativement faible.
Nous proposons ici d’illustrer la démarche que nous avons adoptée dans le cadre d’un programme ESPON Data Base concernant la construction de bases de données harmonisées sur les villes au niveau européen. Notre démarche a consisté à interroger la base UMZ, produite par l’Agence Européenne de l’Environnement en 2003 pour délimiter le contour des agglomérations urbaines, sur la base des couvertures satellite Corine Land cover :
- d’une part en la couplant avec la base Population Density Grid (construite par le Joint Research Center)
- d’autre part en la confrontant à une base de données européenne construite à partir d’une juxtaposition de bases de données nationales.
Nous présentons tout d’abord une approche fondée sur des appariements de bases de données à deux niveaux, intégrant des expertises thématiques pour celle des spécifications et un protocole d’évaluation pour celles des données elles-mêmes. Dans cette démarche, notre but est d’illustrer les avantages de certaines par rapport à d’autres, ou du couplage des bases. Mais il s’agit surtout d’illustrer l’avantage d’une approche intégrant l’expertise thématique aux traitements automatiques pour enrichir les bases de données Réciproquement, ce travail d’explicitation des différences entre bases de données fondées sur des conceptions ou des mesures différentes est riche d’enseignements pour la compréhension de phénomènes aussi complexes que la ville et les processus d’urbanisation et d’étalement urbain. Nous montrons ainsi comment la base des UMZ couplée avec la grille de population peut être mobilisée pour éclairer ces questions et constituer une base « objective » pour l’analyse de la répartition des densités à l’intérieur du territoire européen et à l’intérieur des territoires urbains.
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